Races
Un article de Le Codex de Cyborn.
Les races connues d'après "La Grande Purification"
Un court récit
Le vieillard souffla la couche de poussière qui recouvrait le gros recueil et le titre réapparût... "Hiemisla: récit de voyage"...
Les yeux brillants d'émotion, il ressortait l'ouvrage après des années d'oubli. Il resta un instant immobile puis, les mains tremblantes, il souleva l'épaisse reliure, tourna quelques pages, et plongea dans ses souvenirs...
"[...] Les Khansheks furent en fait les premiers habitants de Hiemisla que j'allais rencontrer. J'avais alors abandonné mon navire et m'éloignais des côtes depuis deux jours, traversant une plaine à l'herbe rase. Les Khansheks s'étaient installés au sommet de quelques buttes, dans des tentes faites de peaux de bête, de bois et de pierre. C'étaient des hommes comme vous et moi, pourrait-on dire, même si la rudesse du climat les avait rendus plus résistants. Ils pratiquaient l'élevage, cultivaient la terre durant les saisons clémentes et s'adonnaient à l'artisanat avec une compétence honorable. Ils m'accueillirent sans trop poser de questions et je restais avec eux quatre ou cinq jours. Je ne me souviens plus. Je me souviens par contre parfaitement avoir discuté avec eux de nombreuses heures, tout particulièrement le soir. Ils se trouvaient alors très préoccupés par certaines rumeurs faisant état de la présence de Norjdiks dans leur région.
[...] Je n'ai jamais rencontré de Norjdiks durant mon voyage sur Hiemisla, et peut-être n'est-ce pas plus mal, mais les Khansheks m'en parlèrent beaucoup. Les Norjdiks pouvaient apparaître comme des hommes, mais bien plus grands et solides... des barbares forgés par le froid et la glace, généralement nomades. Impulsifs et violents, ils considéraient Hiemisla comme leur terre et entretenaient des relations très tendues avec les Khansheks.
[...] J'avais quitté les plaines depuis cinq jours et gravissaient les premiers contreforts montagneux, les pieds foulant l'herbe gelée et les pierres glissantes. Le vent soufflait à vous glacer les os mais fort heureusement je parvenais généralement à me réfugier à l'abri d'une forêt à la tombée de la nuit.
[...] Je m'étais installé dans les premières branches d'un arbre immense lorsque j'aperçus le seul Froerïn que j'eus la chance de voir pendant mon voyage... Un être quasi surnaturel, grand, mince, à la grâce divine et aux traits d'une finesse que je n'oublierais jamais. Il devait appartenir à l'une des communautés peuplant les forêts mais je ne pus jamais admirer la délicatesse de leurs habitations et l'habileté de leurs arts... Il disparût aussi vite qu'il était apparu.
[...] Je n'avais pas mangé depuis plusieurs jours et le blizzard me fouettait le visage alors que je progressais à une allure quasi nulle sur des roches couvertes de glace. Au début, je crus rêver... des rires... je devais délirer... Mais ils sortirent bientôt de nulle part. Les Glyshs étaient au moins une vingtaine. Plus petits que mes jambes, d'une maigreur dissimulée sous d'épaisses fourrures, ils glissaient à toute allure sur la neige, assis sur des planches lustrées. Avec une agilité à peine croyable, ils sautaient par dessus les dunes enneigées, finissant parfois la tête plantée dans la neige et éclatant alors d'un fou rire général. L'insouciance et l'espièglerie incarnées dans ce monde de glace...
[...] L'altitude rendait maintenant mon périple très difficile. Je n'étais pas habitué à un froid si intense qui me serrait le corps et m'empêchait de respirer et je n'eus heureusement pas à monter beaucoup plus haut. Les Nirzhads s'étaient installés dans des maisons taillées dans la pierre, dissimulées au fond d'une crevasse. Ils m'accueillirent avec une méfiance évidente, fronçant leurs sourcils broussailleux et frottant leurs épaisses barbes. Malgré tout, après quelques jours, je finis par apprécier la compagnie de ces petites silhouettes trapues, carrées et si besogneuses.
Ils se dissimulaient des Gelbloïns, que je n'allais pas rencontrer mais qu'ils me décrivirent avec beaucoup de précisions. Les Gelbloïns étaient leurs ennemis. Certains habitaient les sous-sols de Hiemisla tandis que d'autres vivaient à l'extérieur, mais tous profitaient de la présence des autres races pour récupérer ce qui leur faisait défaut. Grossiers et d'un physique des plus repoussants, ces créatures incarnaient la violence et le désordre dans ces contrées.
[...] La seconde peuplade qui occupait les sous-sols étaient les Kirkillins. Petits, maigres, arborant un nez énorme au milieu d'une tête qui l'était tout autant, les Kirkillins semblaient avoir véritablement conquis les cavernes. D'une ingéniosité jamais égalée, chaque habitation était une véritable démonstration d'inventions de toutes sortes, occupant l'essentiel du temps de ces petits êtres qui semblaient porter tous les soucis du monde sur leurs frêles épaules.
[...] Je ne pus séjourner qu'une journée parmi eux. Mon état empirait et je dus quitter Hiemisla peu après."
