Les chroniques de Keldun
Un article de Le Codex de Cyborn.
Introduction
Les chroniques de Keldun sont l’œuvre de toute une vie, 4 gros ouvrages compilant une suite d’anecdotes et de récits écrit dans une langue admirable mais difficile, un vocabulaire d’une chatoyante richesse, mais souvent très vieilli, une syntaxe déroutante, une orthographe fantaisiste ; bref, un texte d’accès difficile , rebutant et pour cela méconnu.
Ce petit livre -et c’est la sa seule justification- est donc un choix arbitraire sans doute et subjectif, mais réunissant les passages les plus attachants et les plus significatifs des mœurs de l’époque de ses coutumes présentés dans une langue qui ne trahisse pas tout à fait l’auteur et soit pourtant d’une lecture facile.
J’ai du à mon plus grand regret remanier le texte qui a l’origine était dans certaines parties rédigé en vers décasyllabique rimés et certainement déclamé pendant les veillées. Conserver cette forme m’eut forcé à prendre trop de liberté avec le texte, j’ai quelques fois quand cela était possible laissé une ou deux strophes dans la forme originel en respectant la versification pour que le lecteur puisse entrevoir le rythme premier de l’œuvre.
Tel est le propos du chroniqueur:
« Afin que honorables emprises, nobles aventures et faits d’armes, lesquels sont avenus par la fondation de Keldun, soient notablement registrés et mis en mémoire perpétuelle, je veux traiter et recorder histoire et matière de grandes louanges. »
La mort du dragon du givre
En ce temps la régnait encore au pays de Keldun en grande prospérité et puissance, le dragon de givre.
Or regardez comme les choses adviennent en la ville des Nirzhads qui était jadis grosse et bien pourvue de toutes choses.
Li gens de l’autre rive vinrent sous les remparts qui étaient appareillées de bonnes pierres, hautes de 20 coudés et de larges au moins de 28, et... *
(Le texte original est malheureusement trop abîmé sur plusieurs paragraphes et le récit de la bataille est perdu. Toutes les version qui nous sont parvenues dans des copies ultérieures sont apocryphes, donc j’ai fais le choix de n’en présenter aucune dans cette ouvrage.)
L’établissement des prud’hommes
Lors li gens des deux rives s’assemblèrent sur la grand place. C’était merveille de voir gens de tant de lieux tenir ainsi conseil, il y fut dit maintes grandes tirades et doulces paroles dont je ne pourrais écrire ni rapporter la quatrième partie car en la ville furent établies tant de belles et bonnes gens de haut parage et de noble ligné qu’il me faudrait un autre livre pour n’en faire offense à aucun de ne pas avoir rapporter ses paroles en ce jour.
Or, alors que le parlement allait prendre fin ils choisirent en leurs rangs trois, nobles et avisés conseillés, pour garnir et ordonner les lieux qui étaient tombés en grande misère et triste état depuis que li dragon de givre y eu élu son gîte.
Li conseille fut donc formé de damoiselle Hye-Seul, qui pris titre de gouverneur, de Sir Halindel qui pris le tête de la garde, et de Dame Dialka Hautesherbes à qui échue la charge d’ordonner le négoce.
Du fardeau de Jesban de Kandler
Or il advient, qu’un hobbit nommé Jesban de Kendler estoi en les murs de Keldun, c’était fort prud’hobbit très prisé en la ville de Taorn avant d’avoir passé la mer, tant et si bien que par ses avis et sa sagesse il fut Echevin de la dite Cité jusqu’à la décollation de Dame Myriem.
Une fois le conseil désigné il se rendit à eux et leur présenta une chasse de bois et devant la foule tient tel discours :
«Grande est ma joie de parler devant cette assemblée réunissant gens des quatre coins du monde, que ces murs soient un refuge pour iceului qui y vienne quelqu’en soit provenance et naissance.
"Tant et tant d’années par monts et par vaux j’ai cherché tel lieu, me voilà délivré de ma charge échevinale. Je m’en remet à vous conseil de cette Cité, pour faire que dans ces lieux nul mésalliance ne soit entre les gens des deux rives, d’ici et d’ailleurs, et que ses portes faites de puissants merrains de bois soient toujours ouvertes à celui qui souhaite en rejoindre la compagnie."
"Voici le trésor de Taorn que j’ai porté avec l’aide et le conseil de messires Pinocrate et Leiv Torick, durant mon passage sur la mer et jusqu’au jour d’aujourd’hui."
Ainsi fut conté le récit de messire Jesban et de ses compagnons Pinocrate et Leiv Torvick. Et ce fut grande merveille, car il n’y eu pas homme ni femme qui ne pleura toutes les larmes de son corps à l’audition des périls et tourments qu’ils avaient endurés.
Puis donnant la chasse de bois au conseil il ajouta :
« Qu’elle soit tel le fermant qui permet au pain de lever, qu’elle serve à ce qu’ici soient établies de belles et bonnes choses. »
Il fut donc fait de telle manière qu’il l’eut mandé et réclamé au conseil. On dit que le trésor de Taorn forme la cinquième part de l’or de Keldun.
L’arrivée d’Orik
Tôt fut connue li trépas du dragon,
Vinrent en Keldun moult gens des environs.
L’un brave et puissant de Nirzhad lignée,
Messire Orik ainsi était nommé.
Passant fièrement les portes à force cris,
il mande au conseil de venir à lui.
Tôt fut fait à volonté d’icelui.
En face du conseil format ce défi :
« Oyez vous qui réclamez cette terre et ses murs comme votre bien, sachez que je les tiens en légitime héritage de ma parentèle. Vous les ne les tenez pas par de bonnes coutumes et vos droits n’y sont nullement établis ».
Ce à quoi Hye-Seul lui répondit de cette manière :
« Sachez messire que nous tenons ces terres loyalement de très hauts et nobles seigneurs Nirzhads, nous les avons acquises les armes à la main en juste bataille champelle contre le dragon qui en était le Sir. »
Ce à quoi Orik objecta ceci :
« Nul autre que Nhirzad peut tenir et établir fermement pouvoir sur ces murs, cet héritage est mien et ne saurait tomber en quenouille dans les mains de pastourelle. »
Comme la nuit allait tomber les deux parties brisèrent là la querelle.
De Messire Alaric Fenrir
Il était aussi en ces temps dans la Cité Messir Alaric Fenrir, Froerïn à la peau d’ébène et versé dans les lettres. Il passait ses journées aux portes de la ville à haranguer ceux qui venaient des environs et leur contait la tristesse qu’il avait de voir dans quel état d’abaissement et de décrépitude était Keldun du fait des mauvaises coutumes de ceux qui avaient passé la mer. Il disait que c’était là grand malheur pour les gens d’Hiemisla, accusant tantôt les mœurs de ceux de l’autre rive ou leur us d’être la cause d’un telle avilissement.
Il aimait aussi à narrer les malheurs de ceux de l’autre rive et de quelle manière ils avaient perdu leur Cité, ce sur quoi nous reparlerons une autre fois plus avant.
Des trésors de Keldun
Peu après que li dragon fut trépassé, li conseil mandat, tout ce que la ville comptait de gens aventureux pour tenir le compte des choses qui étaient établies autour et sous les murs du dit lieu. Tôt matin ils s’assemblèrent sur la grande place et furent ordonnées sous deux bannières.
L’une sous le commandement du très vif et aventureux Kamshek Navut fut placé avec pour mission d’aller espier bois et carrières des environs et d’en tenir l’inventaire le plus exacte et vrai qui soit.
L’autre sous la gouverne de Sir Kharfan fut ordonnée elle devait dans les tréfonds de la montagne visiter le lieu qui fut le sein des seins du dit dragon qui autrefois fut en tous points seigneur et maître des lieux.
Ils partirent en grand, fort et bon ordre au petit matin. La nuit n’était pas tombée qu’ils revinrent en Keldun. Mais grande était leur joie car ils avaient découverts de belles et bonnes choses qui moult étaient.
Il y’avait autour de Keldun grande provision de bois tant et si bien qu’une journée de marche n’était suffisante pour faire le tour des taillis et hautes futés. Il fut aussi trouvé force provisions de pierres dans toutes la montagne, belles bonnes et bien dur dont on fait les plus solides fondations.
Ceux des profondeurs connurent aussi pareil joie, ils poussèrent grand cris quand ils virent qu’il y avait sous la cité provision de fer telle que l’on aurai pu équipé plusieurs fois tout ce que la Cité comptait de gens d’armes, rien qu’en ramassant ce qui était tombé sur le sol. Mais cela n’est pas tout car oyez aussi ce qu’ils trouvèrent causant grande joie en tout Keldun.
Les Nirzhades qui vivaient en ces lieux avant le dragon avaient érigé pour assurer leur subsistance et faire belle et bonne chaire en toute saison un jardin sous la terre ou coulait une source dont l’eau en toute heure du jour et de la nuit était chaude et fumante. C’était merveille de voir qu’après tant d’années le vergé des Nirzhads ne c’était ni gâté ni dommagié.
De plus furent aussi trouvé en ces lieux forces serpents et autres créatures rampantes, dont on fit longtemps encore provende en tourtes et quiches en Keldun.
Du nom des habitants de Keldun
Oyez de quelle manière il y’eu grande tribulation en la Cité de Keldun quand Damoiselle Hye voulu qu’on choisisse de quelle manière nommer ceux qui vivaient en ses murs. Elle fit mander et assembler sur la plus grand place tout ce que la ville comptait de belles et bonnes gens mais aussi toute la ribauderie ce qui était fol idée comme je vais vous le conter maintenant. Elle pria l’assemblé de lui donner son conseil pour connaître de quel nom il faudrait désigner ceux qui en la bonne cité close de forte muraille il convenait de nommer.
Moultes furent les conseils les uns disant que Keldoniens ils étaient, d’autres opinaient du chef pour Keldans et d’autres noms dont je n’ai gardé souvenance. Messir Alaric Fenrir dit qu’il faudrait nommer ceux de l’autre rive « écumeurs » et ceux de cette rive « natifs » ce qui causa grand tumulte et fortes disputailles. Hye demanda que chaque un escrive sur un papier sa proposition et que l’on procéda au décompte, fol idée comme si avis de manant pouvait valoir celui de prud’homme.
Mais tôt fut fait, mais cela n’était pas du goût de Sir Orik car l’on précisa que la proposition de Messir Alaric ne fut point retenue. Il brise d’un puissant coup de pieds la huche ou étaient disposés les papiers qui volèrent au vent. Il s’en suivi de nouvelles palabres et messire Roots chef de la garde noire dut menacer d’en venir aux mains pour disperser la grand presse qui se faisait autour de Hye.
La journée s’acheva sans que nom fut donné aux gens de Keldun. Hye-Seul fut toute déconfite de la tournure prise par cette affaire et retourna en son palais sans plus mot dire quand à la poursuite de cette affaire que je vous ai conté.
Des hommes d’armes de Keldun
Il y’eu en cette période grande affaire en la ville tant elle était remplie de gens en armes qui vouloient en assurer belle et bonne garde. Les uns sous les ordres de Tancréde Nordjik grand et fort bien taillé de tout membre qui avaient de par le passé fait profession de routier et mercenaire avant de passer sous les murs de la bonne ville, sa compagnie fut nommée les épées de Keldun.
Les autres sous les ordres de Roots Acméne de l’autre rive qui fis des années durant belle et bonne garde de Tor le très aimé et regretté gouverneur d’Acménia. Sa compagnie fut nommée garde noir car ses gens avaient coutume de se vestir d’une cape couleur de jais comme signe de ralliement. La dite compagnie fut instituée par la gouverneuse Hye-Seul, causant grande et vive réprobation tant la Cité était en grande pauvreté et tourment en ces temps, mais assurant à icelle grand profit et sûreté.
Il advient que tous ces gens d’armes et d’autres dont je n’ai parlé tant ils étaient nombreux, causaient grande désolation en la ville, Halindel dut instituer une garde où il enrôla certains leur imposant bonne discipline pour le plus grand joie des bourgeois de Keldun.
De l’établissement du commerce
Voici la manière dont fut establie le négoce de Keldun, il se trouve qu’il n’y avait dans les trésors de Keldun dont la hobbite Dialka Hautesherbes avait la charge que bien maigrelette provision de klongs. Il fut fait de bien estrange façon ! On ne versa nul or à personne pendant des semaines, les uns travaillant pour les autres, personne n’y comprenait rien, certains glyshes méfiant dirent que c’était là ruse de kirkiline femelle, mais comme les gens de peu sont de nature à s’emporter de bien méchante manière quand ils ne touchent pas leur du et que nul personne ne porta le plaid en justice, tout un chaqu’un dut trouver son escompte.
A défaut d’or les uns reçurent belles épées, et fortes armures, et objets de bonne facture, tandis que les autres reçurent des ateliers pour exercer leur négoce, tant et si bien que la ville fut vite garnie de tant de boutiques et de krafters qu’il ne resta plus la moindre racine pour les apothicaires ou le moindre lingot pour les forgerons ! Le trésor de la ville était intacte et il fut mis fin à la scandaleuse distribution des klongs faite par la dépensière Hye Seul aux oisifs de la ville.
La très rusée Kirkiline chassa avantageusement les estrangers qui assuraient l’entretient de la ville, pour les remplacer par les oisifs qui n’avaient plus maintenant autre ouvrage pour gagner leur maigre brouet et pitance d’honnête manière que de vider les fausses d’aisances et de déblayer les ruines du dit lieu. Tout le monde s’accorda pour dire que c’était la bonne action que de laisser les paresseux et autres traînes misères porter leur pierre à la construction de la Commune.
De la monnaie de Keldun et du nom de la ville
Or il se trouvait en Keldun grande foison de pièces de toutes origines les une menues et les autres grosses, certaines de bon aloi et d’autre d’un bien mauvais métal. Toutes portaient le nom de Klong car c’était le nom de l’ancienne monnaie de Keldun du temps ou les rois Nirzhades étaient renommés et le pays plantureux et bien garnis de toutes choses. Le nom de Keldun est tiré du langage de ce temps avant que le dragon de givre ne vienne faire déguerpir ceux de Keldun. Voilà ce que j’en ai appris.
Keld signifie la trou ou la mine et Un l’or. La ville tire son nom des gisements d’or qui étaient nombreux au temps jadis. Le Klong la monnaie de la ville était apprécié de tous les marchands de Hiemisla car elle était fort belle et bien faite d’un poids égal et les rois Nirzhades n’étaient point de faux monnayeurs jouant à tout bout de champs sur la valeur de la dite monnaie.
Tant et si bien que même après la chute de la ville les Klongs continuaient à servir et que dans de nombreux lieux on battait monnaie à leur ressemblance. Toutes n’étaient pas aloyée de la même façon ce qui causait grandes tribulations à tous les négociants. Hye Seul pris la funeste décision de confier au glysh Taloche banquier de la Cité de faire fondre toutes les pièces qu’il pouvait trouver pour en faire une belle et bonne monnaie.
Or comme il est de coutume avec les glyshes, rien ne fut fait à la convenance de la gouverneuse, car au lieu de représenter sur le revers de la monnaie un symbole de Keldun, le madré banquier pris sur lui de représenter son propre chef tirant la langue. Pour le plus grand amusement d’icelui et des glyshes de la ville mais au grand désarroi de Hye Seul tournée en ridicule. Ce qui fit dire une fois de plus de part la ville qu’écouter l’avis des petites gens pour en choisir les chef n’était que mauvaise coutumes.
- Dragon des neiges
De l’établissement du conseil des chefs de clans
Voici le récit de l’établissement du conseil des chefs de clan tel qu’il me fut compté par l’un d’entre eux :
Fort meurtrie par l’affaire du bris des urnes, Hye Seul fut prise d’une grande langueur. Or il y’avait en Keldun grande foison d’hommes, sages et avisés de leur personne qui furent tout émus de la chose ! Tôt les plus puissants d’entre eux c’est à dire ceux qui avaient le plus grand prestige et le plus grand nombre de gens en leur compagnie, dirent que telle manière de faire n’était point profitable et qu’il ne fallait laisser tomber en quenouille la ville. Ils tinrent conseil et arrêtèrent d’un commun accord les choses suivantes.
Qu’un gouverneur était dangereuse nouvelleté venue de l’autre rive et que le conseil des plus puissants et aimés chefs de clan serait meilleur guide, car 7 têtes sont moins promptes à s’emporter qu’une seule. Item qu’il ne fallait pas pour ce genre de choix consulter la ribauderie car bien folle était l’idée de céder et concéder de telles affaires à une petite jouvencelle.
Item qu’on choisirai tout les trois mois les 7 chefs des 7 plus grands clans de le Cité et qu’il tiendraient conseil pour en assurer la bonne ordonnance. Des gens de l’autre rivent dire que ce n’était pas de telle manière qu’il convenait de faire, leur conseil fut aussi écouté et l’on décida que le trésorier et le chef de la garde seraient désignés par tout un chaque un, mais que le conseil devait séparer le bon grain de l’ivraie.
Pour finir tous s’accordèrent à dire que pour s’assurer que les gueux, roturiers et autres ribauds qui étaient forts nombreux consentent à suivre leurs sages et avisés conseils il convenait de leur laisser s’assembler pour discuter des lois de la ville, car sans leur consentement rien ne se ferait… hélas, trois fois hélas.
Des funérailles de Dame Tannié Eléandir
Il advient en ces temps bien grandes tribulations, on fit porté la dépouille funèbre de Dame Tannié hors les murs par les gens de sa maison et sa parentelle ainsi que de nombreux autres gens de la ville venu en grand nombre et grand recueillement avançant de par les rues à la nuit tombée les uns portant le grabat les autres des torches. Mais sur la route il y’eu une rixe entre messir Alaric Fenrir qui devant sa parentèle insulta la défunte, le cortège et tous les gens de l’autre rive qui étaient fort nombreux en grande affliction assemblée en ces lieux. Mal lui en a pris car il fut pris sans ménagement et prestement mis aux fers par damoiselle Hakima qui était la lieutenante de Sir Hallinde.
D’aucun dirent que c’était là bien mauvaise chose que d’insulter une si noble Dame tombée en prêtant main forte à quelques gens prisonniers des flammes dans l’incendie du gratte sol consortium que je vous ai par devant déjà compté. Et que les querelles des uns et des autres doivent se taire le temps que les rites dus aux défunts soient accomplis. Les uns pleurant les autres chantants ou récitants l’oraison funèbre. Ainsi fut fait selon les antiques us et coutumes, un grand bûché fut dressé fait de beaux rondins et le feu y fut bouté emportant la dépouille de Dame Tannié libérant son âme.
De la construction du dispensaire
Or il y avait dans la ville à cette époque nombre de rixes et d’accidents liés aux travaux pour son ordonnancement, tant et si bien que quelques soigneurs virent en délégation mander au conseil aide et conseil pour prodiguer des soins à ceux qui en avaient le plus besoin. Du conseil ils en urent plus que nécessaire mais de l’aide un peu moins comme je vais vous en entretenir si après. Il fut expliqué au conseil par damoiselle Aléa qui était fort bien faite de sa personne et très amés de nombreux keldunsärer comme je vous le raconterai par la suite, les choses suivantes :
A savoir qu’il était grande pitié de voir que les blessés nécessiteux n’avait nul lieu ou être soigné et que les soigneurs vivaient dans une grande misère. A savoir qu’il serait belle et bonne chose qu’un dispensaire soit construit et garni de tout ce qu’il est nécessaire à sa bonne ordonnance. A savoir qu’il soit ouvert à tous et que nulle finance ne soit demandée pour y recevoir les soins. Le conseil fut tout ému et déconfit devant la supplique. Les uns pleurant les autres jurant qu’il ne pouvait être ainsi fait et que sans délais on y porterai remède.
La trésorière du conseil et de la vile dame Dialka qui était fort parcimonieuse, forma là réponse suivante. La ville de Keldun accordait le droit aux soigneurs d’ouvrir un dispensaire. Et qu’un local leur serait baillé à cet effet. Que les soins étaient choses trop importantes pour les déprécier et les amoindrir en ne les faisait point payer. Mais que le faible portant le fort les malades les plus fortunés pouvaient payer pour les moins industrieux. Qu’il ne fallait pas compter sur la ville pour financer les soins des indigents sans le klong.
Que la dite compagnie des soigneurs pouvait organiser des tombolas pour sa finance et que si les clients ne souhaitaient pas payer pour leur santé c’est qu’ils accordaient bien peu de valeur au travail de la dite compagnie et que dans ce cas il n’était point utile de persévérer dans la voie de la médecine si l’on ne trouvait nul Keldunsärer prêt à bourse délier pour être soigné.
Du guet-apens de la Garde noire*
*La chronique comporte de nombreux chapitres concernant des exactions attribuées à la garde noir :
- Du grand tumulte à la banque
- Du renoncement de Roots à son office de protecteur de la ville
- Le défit publique de messire Roots
- Un candidat au poste de préfet molesté
- Le commerçant glysh et les gardes noires
- Des damoiselles en grand péril dans la caserne.
- Du calvaire d’une rebouteuse.
Je n’ai livré dans l’ouvrage que le dernier des textes sur la garde noire car les autres chapitres sont un peu trop redondant..
Or comme je vous l’ai compté par avant grands étaient les griefs contre les gens de la dite garde tant et si bien qu’il ne se trouvait en ville que bien peu de Keldunsärer pour leur confier mission. Si ce n’est l’argentière Dialka qui avait partie lié à leur chef dans diverses affaires, à savoir la garde du Marknad et des trésors de la ville et de ses bourgeois qui étaient biens gras et gros et Xera l’avisée et entreprenante chef de la blanche compagnie. Tant et si bien qu’ils ne semblaient avoir vent des biens méchantes choses dont le commun accusait les soudars de la dite compagnie, ou bien qu’ils se trouvaient fort aise d’engager à vil prix des gens solidement armées prompt à écarter les malandrins.
Or il advient que Sir Halindel capitaine de la milice et quelques gens de sa compagnie vinrent aux portes de la caserne de la garde, mander et quémander qu’on leur livre l’un d’eux, pour quelques affaires ne pouvant souffrir plus aucun délais. Or ce ne fut pas un garde qui sorti du lieu ! C’était la grande merveille ! Mais une douzaine tous harnachés et armés pour la bataille et qui à grande clameur vinrent criant sus à la rencontre du chef de la garde qui fut défait sous le nombre d’un mauvais coup de hache dans le dos. De sa compagnie seul un archer eu la vie sauve en déguerpissant incontinent.
Beaucoup en furent moultement émus et ébahi et dirent qu’il devait y avoir eu grande trahison car il n’est pas usage ordinaire, d’aller et venir en sa maison en grand harnachement pour livrer bataille. Fort de cette première victoire les gens de la garde noire s’enhardir tant et si bien que leur chef mis au défi li Cité et li Conseil pour qu’il lui cède et concède pouvoir sur la garde de la ville.
Attirés par la clameur, se fut grande presse et confusion de gens petits et gros. Grand était le tumulte et li conseillés de la bonne ville qui étaient là se trouvèrent forts déconfits de voir l’affaire si mal engagée. Toute la garde noire était prête à mal faire, de courir en ville de tuer hommes femmes et enfants. Ils étaient si enflammés d’ardeur que point n’entendaient briser la l’affaire.
Seul un ménestrel de basse extraction dont je n’ai pas souvenance du nom* vient au cri de « force et déshonneur » flétrir le haut fait d’arme de la garde qui en conçu une grande colère. Tant et si bien qu’elle brisa là sa belle ordonnance pour courir sus à la foule. Grand mal leur en pris comme je vais vous le compter. S’égayant ainsi la garde fut dispersée en de nombreuses escarmouches et n’ayant plus l’avantage du nombre, les gens de la ville s’enhardir à leur tour et s’en suivi une furieuse mêlée, frappant de taille et d’estoc les combattants rivalisèrent de bravoure de prouesse et de hauts faits, tant de vaillantes personnes furent engagées dans l’affaire qu’elle ne me feront pas grief de ne pas indiquer ici leur nom.
Le ménestrel fut promptement défait par 2 gardes noirs et une archère mais Roots le chef de la compagnie fut damagié et déconfit dans l’affaire ce qui causa grand tourment et effroi à ses gens.
Se fut merveille de les voir jeter les armes à terre criant et pleurant, que pour l’amour de leur seigneur ils ne souhaitent plus porter le plaid si l’on avait pitié et merci de lui. Or il était en nos murs un frère d’arme de Roots venu de la ville d’Acmènia, général de la garde noire du temps où elle était noble et respectée en la dite Cité. Bien fait de sa personne et de ses membres, de port noble et d’un cœur preux, Derbin était son nom.
Grand était son tourment de voir en quelle déréliction était tombé son compagnon du fait des dommages et tourments causés par lui et ses gens. Il en conçu un grand ressentiment de voir le nom de la garde noire d’acménia ainsi terni et déprécié par tant de méfaits. D’un seul coup de glaive il décolla la tête de Roots. Les gens de sa compagnie reprirent les armes et l’affaire ne fut terminée que quand jusqu’au dernier ils furent déconfit et estourbis, non sans avoir causé grands tourments aux gens de la ville. Beaucoup de belles et bonnes personnes furent de forte méchante manière ardées par le fer ou passèrent de vie à trépas avant la fin de la journée.
- En croisant la chronique avec le registre des comptes de la ville il semble probable que le ménestrel soit Virgile dit le souffleur de songe, tenancier du Marknäd et dont le nom disparaît par la suite.
hrp : par dialka
