Hiemisla
Un article de Le Codex de Cyborn.
Si Hiemisla m'était contée
Les terres de Hiemisla sont nimbées du drap blanc de l'hiver pour près des deux tiers de l'année d'une vie de Khansheks.
Les Terres du Nord, si on peut encore les qualifier de terres, ne connaissent pour ainsi dire la lumière du soleil qu'en été. Le soleil rasant du printemps et de l'automne qui ensanglante le ciel, cède sa place à de longs mois de ténèbres lorsque souffle la froideur de l'hiver. De même que pour les pics des plus hautes montagnes, la neige et la glace ne fondent jamais en ces lieux et peu nombreux sont ceux qui osent arpenter ces territoires qui bordent une mer toujours démontée... Seuls les nomades Khansheks, qui y pratiquent encore leurs chasses séculaires aux Aeupheuphs, dont la chair est si prisée, osent affronter ces contrées où souffle le blizzard et la neige, et ou souvent le ciel s’embrase d’irridescences colorées... Sur ces terres gelées, il n'y a pour ainsi dire aucun village persistant, bien que les nomades reviennent souvent au même endroit à chaque saison, selon la présence du gibier qu'ils chassent. Ces villages dont la taille ne dépasse généralement pas le clan d'une vingtaine d'individus, sont donc composés de quelques huttes de peaux et de fourrures reposant sur une armature de bois ou d'os de grands animaux. Une ouverture pratiquée au sommet et rehaussée d'une sorte de cheminée faite en os creusé, permet de chauffer l'habitat sans être enfumé.
A l'Est de ces terres gelées, se dresse un massif montagneux rehaussé de pics pareils à des crocs acérés. Les premiers contreforts de ces montagnes sont entourés d'une taïga dont les pièges naturels, sont souvent mortels pour ceux qui osent s'y aventurer. C'est en ces lieux que se sont réfugiées la plupart des tribus Gelbloïns, poursuivis jadis sans relâche par les troupes Nirzhads et Nordjiks, après que leur chef, N'âârkos qui avait convoité les richesses de Keldun, les avaient mené à la guerre... La tribu, dont le pouvoir est toujours acquis par la force et souvent contesté, est aujourd'hui la forme communautaire la plus importante chez les Gelbloïns, il n'y a pas d'hégémonie, bien que la haine ancienne des Nirzhads, soit toujours un facteur de rassemblement. Il est donc fréquent que des tribus s'affrontent et c'est une raison de plus d'éviter ces régions lorsque l’on n’en est pas originaire... Sur ce territoire, une seule véritable citée semble exister: Berdaröt. Aux dires de certains rares voyageurs qui y ont été admis, il s’agirait d’une grande citée fortifiée à la charge d’un seul clan, mais tolérant la présence des autres au sein de la cité. Cette citée apparaîtrait comme une sorte de lieu sacré pour tous les Gelbloins en rapport avec leurs origines, mais cela semble un être un secret que bien peu ont pris le courage d’essayer de découvrir.
Enchâssant les terres Gelbloins à l’est, un vaste territoire de toundra s’étend de la mer au nord jusqu’au pied de la chaîne infranchissable des Montagnes de l’Aurore. C’est dans cet immense territoire, que vivent les colonies Kirkillines. Le froid et la rudesse du climat les ont naturellement amenés à coloniser le sous-sol de ces lieux balayés par les vents. De nombreuses sources chaudes sont disséminées dans cette région et les colonies troglodytes kirkillines ont appris à les domestiquer, que ce soit pour se chauffer et cuir, voir même se défendre... La société Kirkilline est drastiquement ordonnée. Chaque individu appartient à une caste selon son rôle dans la société, et rares sont les Kirkillins à quitter leur colonie de naissance. D'ordinaire seuls les membres de la Caste des Marchands et les Sans Castes, qui ont soient été chassés ou renoncés à leurs rôles pour partir à l'aventure, sont amenés à prendre la route. On ne connaît pas de cité ou village Kirkillin ayant jamais accepté un étranger qui ne soit pas l'un des leurs en leur sein. Non pas que les Kirkillins rejettent tout contact avec les autres races, bien que les croyances exacerbées des Froerins et Glyshs vont à l'encontre de leur préceptes résolument athéistes tournés vers l'ingénierie, mais assurément car les galeries de leur colonies sont inaccessibles pour des créatures plus grandes. Malgré un vaste territoire à gérer et une implantation non homogène, il semble que les colonies arrivent à communiquer entre elles extrêmement rapidement, mais par quel moyen, cela reste un mystère réservé aux seuls membres de la Caste des Sourceurs.
Au sud ouest des terres du Nord peuplées par les nomades Khansheks, s’étend la Forêt des Songes. Cette immense forêt presque impénétrable de conifères et de résineux, s’étire jusqu’aux premières falaises de la côte. Presque toujours drapée d’un linceul de brume, c’est un territoire chargé de mystères. C’est au sein de cette forêt gigantesque que vivent la plupart des Froerïns du continent. Leurs villages nichent au cœur même des arbres. Les maisons, reliées parfois entre elles par d'étonnantes passerelles et palans de cordes, abritent des familles entières. Au plus profond de cette forêt qui dit-on ne dort jamais, niche la grande Cité aux Cîmes Gelées, ou Rasnïssost en langue Froëstlïn. Certains disent qu'elle abriterait en son sein, le fameux Belgaiaün ou temple de l'Aurore, un arbre gigantesque bâti dans le plus précieux des marbres blancs...
Au sud-est de la Forêt des Songes, s’étend la Plaine du Hothgar, ainsi nommée par les Khansheks, qui ont préféré opter pour une vie plus sédentaire. Cette vallée recouverte de neige la plupart de l’année, se transforme en un véritable marécage à la belle saison tant elle est parcourue par de nombreuses rivières. C’est un territoire de chasse exceptionnelle et l’herbe grasse qui y pousse, un lieu de pâture idéal pour les troupeaux. Plusieurs petits villages, composés de yourtes et de construction en tourbe, s’y sont implantés et c’est presqu’un lieu de passage obligatoire pour tous les voyageurs qui souhaite faire des provisions. Comme leurs frères des terres du nord, ils parlent le même langage, le Khanshri, bien que certains mots, acquis en commerçant avec d'autres civilisations, soient entrés seulement dans le langage de ceux du Hothgar.
Le nord-est de la plaine du Hothgar est un endroit sinistre que tous les voyageurs préfèrent éviter. Rares sont ceux qui osent s'aventurer dans Kalthesh. Ce territoire à jamais maudit fut jadis le théâtre de batailles titanesques. Innombrables sont ceux qui ont péri en ces lieux. Lorsque le printemps fait son apparition et que les neiges fondent, cette lande immense qui s'étend au nord jusqu'aux premiers contreforts du territoire Gelbloïn, devient un véritable bourbier rougeâtre et nauséabond. On ignore exactement la raison de cette couleur mais tous s'accordent à penser que c'est le sang des morts qui suinte et qui ressurgit du sol souillé des horreurs du passé..
La plaine du Hothgar est bordée à l’Est par un grand massif montagneux, sur les pentes desquels vivent la plupart des clans Norjdiks. Bûcherons émérites, leurs maisons, possédant parfois un étage ou un grenier sont souvent faites en bois de sapin. Leurs villages, organisés autour d’un vaste bâtiment central bâti en pierre, sont souvent protégés par une épaisse palissade de bois, leur garantissant une certaine protection contre les animaux sauvages qui peuplent les montagnes. Grande est la convoitise des Norjdiks sur la plaine fertile du Hothgar, qui n’arrange en rien les relations qu’ils entretiennent avec les Khansheks, surtout lorsque l’hiver s'annonce rigoureux. Fort de leur expérience de la grande guerre menée jadis contre les Gelbloins, les Norjdiks ont bâti différents avant-postes sur les crêtes des montagnes, dans lesquels, même en temps de paix, sont cantonnés des guetteurs. Si une armée devait se mettre en marche aux abords de leurs frontières, des feux d’alarmes peuvent ainsi être allumées pour en avertir tous les clans des montagnes.
Des villages Glyshs ornent aussi les pentes de ces monts enneigés, ils appartiennent au territoire de Chenoks, l'un des deux grands territoires Glyshs. Le choix des lieux d’habitations des Glyshs de ce territoire semble plus dépendre de la qualité de la neige et de la raideur des pentes avoisinantes pour leur pratique du Schouss, que de raisons logiques de survie. Le territoire glyshique de l’Est, nommé Glybel, tout proche du territoire des Kirkillins au grand désespoir des Glyshs de la région qui voit en eux des voisins bien peu divertissants, est moins montagneux et plus verdoyant. La pratique du Schouss y est donc moins répandu, au profit de la Schliss effectuée sur les nombreux lacs gelés de cette région. Au sein de leurs villages, les Glyshs forment une sorte de grande famille puisqu'ils sont tous frères ou cousins à les entendre.
Au sud ouest du massif montagneux peuplé par les Norjdiks, se dressent d’autres sommets aux neiges éternelles : ceux là même où a été érigée la cité fortifiée de Keldun, littéralement la Cité de la Mine d'Or en Nirzhan, construite par les courageux et ingénieux Nirzhads. Jusqu’à sa chute lors de l’arrivée du dragon, il y a près de 5 siècles d’homme, Keldun était devenue la plus grosse citée Nirzhad du continent, attirant nombre de mineurs par la qualité de l’or qui sortait de ces mines. La plupart des survivants qui étaient parvenus à fuir la ville souterraine, se sont installés depuis à plus basse altitude, et ont fondé plusieurs villages, certains mêmes aux abords de la côte. Les autres sont repartis vers l’antique forteresse de Tarzül, située loin à l'Est, au pied des Montagnes de l'Aurore, qui est aujourd’hui redevenue la cité Nirzhad la plus importante: Korgard III y règne actuellement et est considéré par la plupart des Nirzhads de Hiemisla comme leur souverain. Selon certaines rumeurs, il existerait une cité du nom de Valkunir fondée après la chute de Keldun, qui pour d'obscures raisons ne reconnaîtrait pas l’autorité des rois de Tarzül. Mais les oui dires sont nombreux et la véracité de l'existence d'une telle cité reste à prouver...
Aujourd’hui, Keldun a été libérée du joug du dragon par les rescapés d'un cataclysme ayant eu lieu sur un autre continent. Avec l’accord du peuple Nirzhad, ces rescapés se sont installés dans la cité, qui accueille à présent tous les voyageurs qui y cherchent refuge. Il semble que Keldun soit en passe de devenir la cité cosmopolite la plus importante du continent...
